Dossier spécial SEEPH 2018 sur l’emploi et le handicap offert par Talents Handicap

A l’occasion de la semaine européenne de l’emploi des personnes handicapées (SEEPH), le forum en ligne Talents Handicap vous offre ce dossier sur le handicap au travail. Aussi, des conférences en ligne seront organisées sur le sujet pendant l’édition spéciale du forum Talents Handicap qui se déroulera en ligne du 9 novembre au 7 décembre 2018. L’inscription et la visite du forum se font à l’adresse www.talents-handicap.com .

Ce dossier spécial emploi et handicap présente des informations utiles sur :

  • Les chiffres clés du handicap au travail
  • La nouvelle loi, principal fait marquant en 2018
  • L’employeur handi-accueillant
  • Les préjugés
  • Les leviers

 

Chiffres clés du handicap au travail :

En 2018, près de 3 millions de personnes ont le statut de travailleurs handicapés (RQTH : reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé), alors que selon l’INSEE il y aurait près de 10 millions de personnes qui seraient en situation de handicap. Par conséquent, il y a près de 7 millions de personnes en situation de handicap qui ne demandent pas la reconnaissance de leur situation de handicap pour leur travail ou recherche d’emploi.

Pourquoi un tel écart entre les chiffres de l’INSEE et le nombre de personnes reconnues en situation de handicap ? C’est simplement parce que 80% des handicaps sont invisibles et beaucoup de personnes qui peuvent avoir le statut RQTH ne le demandent pas, car d’une part c’est une démarche administrative pas simple à faire et qui peut prendre plusieurs mois, et d’autre part, parce que les personnes en poste, en majorité ne souhaitent pas déclarer leur handicap à leur employeur, et par conséquent ne ressentent pas le besoin de demander la RQTH.

D’après l’Agefiph, 513 000 personnes en situation de handicap étaient en recherche d’emploi fin 2017, sur un nombre total de 5,6 millions de demandeurs d’emploi en France (dont 3,4 millions totalement sans emploi, et 2,2 millions qui exercent une activité réduite). Donc près de 9% des demandeurs d’emploi sont en situation de handicap. Côté des actifs, il y en a près de 900 000 personnes en situation de handicap (RQTH) qui exercent un travail sur un total de près de 29 millions, soit seulement près de 3%.

Notons tout de même que 900 000 personnes déclarés RQTH ont réussi à avoir un travail ou à le conserver, ce qui prouve qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre handicap et travail, et que, contrairement aux préjugés, les employeurs recrutent des personnes en situation de handicap. 

Près de 50% des personnes en situation de handicap sont seniors (âgées de plus de 45 ans) dont la majorité est devenue en situation de handicap à cause d’un accident ou d’une maladie invalidante. Cela peut avoir pour conséquence de perdre son emploi à cause de son inaptitude au travail suite à sa nouvelle situation de handicap et aussi à l’absence de solutions raisonnables de compensation du handicap qui permettrait son maintien dans son emploi initial (adaptation de l’environnement de travail, aides techniques, humaines ou animalières…). De ce fait, la personne devenue en situation de handicap et ne pouvant plus exercer son métier d’avant, a besoin de se reconvertir dans un autre métier où elle sera apte. La difficulté va être de choisir son futur métier, de se former et de trouver un employeur. Plusieurs obstacles sont à surmonter : le handicap, l’âge et le manque de formation. En effet, les personnes les plus exposés au handicap, sont les personnes qui exercent des métiers manuels pénibles ou à risque (BTP, Logistique, Transport…) qui sont généralement des personnes avec un faible niveau d’études.

Cependant, malgré ces obstacles, rien n’est insurmontable et nul n’est inemployable.

L’une des solutions pour contrer ces obstacles serait de se mettre à son compte et travailler comme TIH (Travailleur Indépendant Handicapé). C’est pourquoi nous avons créé la plateforme Handi-Freelance en complément de Talents Handicap pour mettre en relation les donneurs d’ordres et les TIH. (plus d’information sur www.handi-freelance.com).

Aujourd’hui, plus de 100 000 personnes avec RQTH sont des travailleurs indépendants. Les entreprises qui ont recours à ces travailleurs indépendants handicapés (TIH) bénéficient d’avantages économiques non négligeables, car favorisent indirectement l’emploi des personnes en situation de handicap.

Les personnes en situation de handicap lourd qui ont des difficultés à trouver un emploi dans le milieu ordinaire, peuvent travailler dans le Secteur de Travail Adapté ou Protégé (STPA) composé d’entreprises adaptées (EA) et d’établissements de service d’aide par le travail (ESAT) qui ont un statut spécial avec l’obligation qu’au moins 80% de leurs collaborateurs soient en situation de handicap. Aujourd’hui, près de 40 000 personnes en situation de handicap travaillent dans les entreprises adaptées. Les entreprises dites ordinaires peuvent faire appel aux prestations des entreprises adaptées et des ESAT pour favoriser indirectement l’emploi des personnes en situation de handicap et bénéficier également d’avantages économiques. Dans les prochaines années, le nombre des personnes en situation de handicap employées dans le STPA (Secteur de Travail Protégé ou Adapté) devrait doubler grâce au soutien de l’état à ces entreprises.

La nouvelle loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », principal fait marquant de l’année 2018 :

Une nouvelle loi a été votée le 1er août 2018 qui va conduire à de grands changements des règles pour les employeurs sur le sujet du handicap au travail. On ne mesure pas encore l’impact de cette loi sur l’emploi des personnes en situation de handicap et sur l’écosystème qui œuvre pour favoriser leur emploi. Aussi on ne voit pas clairement les motivations réelles de l’état pour conduire ces grands changements. L’état affiche une volonté de privilégier l’emploi en milieu ordinaire mais pénalise probablement l’emploi en milieu protégé ou adapté qui peut être la seule solution pour certains handicaps lourds.

Cette nouvelle loi devrait s’appliquer à partir de 2020. On attend les décrets d’application pour qu’elle soit applicable. Voici les principaux changements apportés par cette nouvelle loi :

  • Le taux de 6% de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) va toujours concerner les employeurs à partir de 20 salariés mais ne va tenir compte que des personnes employées en direct et en milieu ordinaire par les employeurs (où la personne signe en direct un contrat avec l’employeur : CDI, CDD, Intérim, alternance, stage). Ce taux de 6% sera révisé tous les 5 ans et pourrait augmenter. Avec ce changement, l’état affiche sa volonté de favoriser l’emploi des travailleurs handicapés dans les entreprises dites « ordinaires ». Par conséquent, les personnes en situation de handicap que les employeurs font travailler indirectement à travers le secteur de travail protégé et adapté (STPA) ne vont plus compter dans les 6% comme avant. Cependant le coût des prestations confiées au STPA sera déductible des contributions que les employeurs doivent payer à l’Agefiph lorsqu’ils n’atteignent pas les 6%. Les modalités de déduction de ces coûts des contributions Agefiph seront précisées ultérieurement par décret. En résumé, l’emploi indirect (via le STPA) des personnes en situation de handicap ne sera plus valorisé sur le côté humain et ne sera qu’un avantage économique pour les employeurs. Le STPA est le secteur de travail auprès des entreprises adaptées (EA), des établissements de service d’aide par le travail (ESAT) et des travailleurs indépendants handicapés (TIH). La loi ne précise pas encore comment les TIH seront considérés. Un décret d’application est attendu pour clarifier comment sera considéré le travail fourni par les TIH. Rappelons que mode de travail en tant qu’indépendant est un mode de travail moderne qui est en fort développement car il donne plus de souplesse et d’autonomie au travailleur et qui est facilité par le numérique et les nouvelles technologies, permettant par exemple de faire du télétravail. Les entreprises aussi peuvent plus facilement confier certains travaux aux indépendants qu’à des personnes à recruter.  Par conséquent, il aurait été logique de maintenir les TIH dans les 6% car c’est un contrat direct que signe l’entreprise avec le TIH et lui permet de travailler, et pour l’entreprise cela lui permet de valoriser aussi le nombre de personnes TIH qu’elle fait travailler.
  • Pour les entreprises à établissements multiples, cette obligation d’emploi de 6% sera mesurée de manière globale pour l’entreprise et ne sera plus mesurée par établissement.
  • Les entreprises peuvent toujours s’acquitter de leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés en mettant en place un accord agréé valable 3 ans, mais cet accord ne pourra être renouvelé qu’une seule fois (avant il pouvait être renouvelé sans limite). Les modalités d’utilisation des accords agréés sera précisé ultérieurement par décret.
  • Désormais, les employeurs vont transmettre via la DSN (Déclaration sociale nominatives) toutes leurs déclarations sociales y compris leur déclaration relative à l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (DEOTH). Cela devrait simplifier cette déclaration.
  • Dans les entreprises de plus 250 salariés, la nomination d’un référent handicap sera obligatoire dès le 1er janvier 2020. Son rôle sera d’informer, d’orienter et d’accompagner les collaborateurs en situation de handicap.
  • Les collaborateurs en situation de handicap ou leurs proches aidants peuvent demander à faire du télétravail. En l’absence d’accord collectif ou de charte, le refus de l’employeur de permettre le télétravail doit être motivé.

Qu’est-ce qu’un employeur Handi-accueillant ?

C’est un employeur qui :

  • Recrute des personnes pour leurs compétences et leurs qualités professionnelles sans discrimination par rapport à leur handicap
  • Prend en considération le handicap du collaborateur pour lui apporter un environnement adapté et personnalisé qui lui permet de bien travailler dans de bonnes conditions tout en étant performant, avec des solutions qui permettent de compenser le désavantage induit par le handicap
  • Favorise le maintien dans l’emploi de ses collaborateurs en situation de handicap et leur permet d’évoluer sans discrimination par rapport à leur handicap, en se basant uniquement sur leurs compétences et leurs performances.
  • Veille avec équité au bien-être de ses collaborateurs en situation de handicap

Mais, ne va pas recruter une personne juste parce qu’elle est en situation de handicap. En effet, il faut que la personne puisse bien faire le travail attendu, en lui apportant, si besoin, des moyens adaptés et raisonnables.

 

Principaux faux préjugés qui freinent l’emploi des personnes en situation de handicap :

  • Préjugé par beaucoup de personnes en situation de handicap sur les employeurs « les entreprises ne recrutent pas les travailleurs handicapés »
  • Préjugé par beaucoup d’employeurs sur les personnes en situation de handicap « les personnes handicapées sont incapables de travailler »

Evidemment ces préjugés sont faux car il y a déjà plus de 900.000 personnes avec une RQTH (reconnaissance de qualité de travailleur handicapé) qui travaillent, et nous voyons régulièrement des employeurs handi-accueillants recruter des personnes en situation de handicap, notamment à travers le forum en ligne Talents Handicap.

 

Principaux leviers qui favorisent l’emploi des personnes en situation de handicap :

  • Lutter contre ces préjugés et faire changer le regard sur le handicap, par des actions de sensibilisation, par le contact en milieu professionnel avec des personnes en situation de handicap et en donnant le plus de visibilité sur les talents et les réalisations des personnes en situation de handicap. C’est pourquoi le dispositif de parrainage Handi-Avenir a été lancé en complément de Talents Handicap. (Plus d’information sur www.handi-avenir.fr)
  • Encourager les personnes en situation de handicap à se former et à acquérir un diplôme assez élevé dans un domaine où les employeurs cherchent à recruter, comme l’informatique et le numérique, la fonction commerciale, la vente, l’industrie (énergies renouvelables, aéronautique, électronique, automobile…)…
  • Favoriser l’emploi des seniors en situation de handicap avec des formations qui les aident à réussir leurs reconversions, car près de 50% des personnes handicapées à la recherche d’un emploi sont âgées de plus de 45 ans
  • Favoriser l’emploi et la formation en alternance aussi bien pour les jeunes que pour les seniors en situation de handicap qui ont besoin d’une reconversion. C’est pourquoi l’alternance est ouverte aux personnes en situation de handicap sans limite d’âge.

 

Et pour vous, quels autres leviers pourraient favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap ?

Dossier offert par Talents Handicap, le forum en ligne de référence pour l’emploi qualifié des personnes en situation de handicap. Plus d’information sur www.talents-handicap.com.



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