Ecole Inclusive : depuis la rentrée, où en est-on ?

Projet Ecole Inclusive

Pour cette rentrée scolaire 2019, l’objectif était d’accueillir pleinement tous les enfants en situation de handicap par le biais de plusieurs mesures : augmentation du nombre d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH, ex-AVS), des cellules d’écoute départementales ouvertes aux familles pour répondre à leurs questions et la création de pôles (PIAL) pour coordonner les besoins des élèves présentant un handicap avec la mutualisation systématique des aides sociales.

Trois mois après la rentrée, le bilan reste mitigé

En ce lundi 4 novembre 2019, un comité de suivi de l’école inclusive s’est réuni au sein du ministère de l’Education avec la présence de Jean-Michel Blanquer, Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées et plusieurs associations et organismes du milieu handicap.

Dans une interview pour le Figaro, la secrétaire d’Etat déclare que « l’Education Nationale est en train de faire du sur-mesure » et estime que la scolarisation des élèves handicapés atteint les 87 % du temps soit un nombre d’élèves en attente d’un accompagnant divisé par deux entre 2018 et 2019 (4% contre 8%).

Néanmoins, la réalité sur le terrain est plus contrastée que les rapports rendus du ministère.

Dans une circulaire, datant du jeudi 10 octobre 2019, plusieurs syndicats et associations avaient ainsi tiré la sonnette d’alarme sur les conditions de rentrée des personnels AESH et dans un même temps déposé un préavis de grève notamment au sein de l’Académie de Lyon qui compte 2 336 AESH sous contrat à déterminé (CDD).  

Les organisations syndicales dénonçaient un « mépris » et des conditions de travail fragilisées pour les accompagnants des élèves handicapés à cause du plan de la rentrée 2019 pour une Ecole Inclusive.

Or, il semblerait que la situation se soit une fois de plus dégradée et que de nombreux dysfonctionnement sont pointés du doigt dans plusieurs établissements scolaires.

« De nombreux enfants ont besoin d’un accompagnement individuel à temps plein et ne bénéficient que d’une aide à temps partiel »

C’est en tout cas le constat tiré par Marion Aubry, vice-présidente de l’association TouPI qui défend les droits sociaux des personnes handicapées. Ceci montre bien les difficultés de recrutement des AESH qui sont nécessaires pour améliorer la scolarisation de chaque élève handicapé . Malgré de nombreuses campagnes de communication affichées ces derniers mois pour mettre en avant l’attractivité du métier, le processus de recrutement des AESH pose problème et notamment sur la région Ile de France.

Et avec un tel retard au niveau des effectifs, vient également le problème des salaires : « les nouveaux contrats ont été mis en place dans une grande précipitation et tous n’ont pas pu être modifiés en temps et en heure » explique Sophia Catella, syndicaliste du Snuipp-FSU.

Pour autant, il faut relever les points positifs de cette rentrée 2019 :

  • des élèves handicapés bénéficiant d’une meilleure intégration scolaire : 50 000 élèves supplémentaires ont pu être accueillis
  • des modes de scolarisation diversifiés : 305 créations d’ULIS (Unité localisée d’inclusion scolaire), 24 UEMA (Unité d’enseignement maternelle autisme) et 20 UEEA (Unité d’enseignement élémentaire autisme)
  • une organisation repensée : un service dédié à l’École inclusive dans toutes les inspections académiques
  • une meilleure insertion professionnelle des AESH : 83 % des accompagnants ont vu leurs contrats rallongés à 3 ans
  • des familles plus encadrées : les cellules d’écoute départementales ont permis de mettre en place plus de 18 000 rendez-vous entre les familles, les AESH et le personnel de l’équipe éducative

Pour l’année scolaire 2020 – 2021, le gouvernement souhaite redoubler d’effort. Par ailleurs, le comité a fixé certaines priorités comme :

  • la mise en place d’indicateurs avec la création d’un système d’information par l’Education nationale, qui devra s’interconnecter avec celui développé pour les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) afin d’assurer un meilleur suivi du parcours scolaire de l’élève.
  • la simplification des démarches pour les familles avec par exemple l’intégration du projet personnalisé de scolarisation au livret de parcours inclusif et la garantie d’une équité territoriale en harmonisant les pratiques des MDPH.
  • le renforcement de la coopération avec les professionnels du handicap au sein de l’école avec par exemple la modélisation des équipes mobiles et leur extension sur 100% du territoire mais encore l’élaboration d’un cahier des charges pour développer des unités d’enseignement pour les enfants polyhandicapés.
    De très importants progrès ont été réalisés en quelques mois grâce à la mobilisation de tous, dans une approche solidairement responsable, reliant institutions et associations au service d’évolutions décisives. Il faudra consolider les réussites, et les étendre, tout en accompagnant le développement de coopérations fructueuses entre école et médico-social.

Pour plus d’informations sur les droits des enfants en situation de handicap, rendez-vous sur le site handicap.gouv.fr ou à la MDPH de votre lieu d’habitation.



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